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9.10.10

Les élections brésiliennes à l'ordre du jour (2ème partie)

Voici un chapitre bien intéressant du Horla, de Guy de Maupassant:

14 juillet – Fête de la République. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement parfait et tantôt férocement révolté. On lui dit « Amuse-toi ». Il s’amuse. On lui dit : « Va te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. » Et il vote pour la République.


Ceux qui le dirigent sont aussi sots ; mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.

...et une traduction bien libre aussi:
14 de julho – Festa da República. Eu fiz um passeio pelas ruas. Os fogos de artifício e as bandeirolas me divertiram como a uma criança. No entanto, é uma grande tolice ser feliz em dia pré-determinado, por decreto do governo. O povo é um gado imbecil, quer estupidamente perfeito, quer ferozmente revoltado. Dizem-lhe “divirta-se” e ele se diverte. Dozem-lhe: “vá brigar com o vizinho” e lá vai ele brigar. Dizem-lhe: “vote na República” e ele vota na república. Depois, dizem-lhe: “vote pelo Imperador” e ele vota pelo Imperador.


A classe dirigente é tão tola quanto ; mas estes, ao invés de obedecerem a homens, obedecem a princípios os quais não são nada além de ingenuidade, falsidade e esterilidade. Por isso mesmo são apenas princípios, ou seja, idéias reputadas certas e imutáveis, nesse mundo em que não se tem certeza de nada, pois a luz é ilusão, pois o barulho é ilusão.

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