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2.3.12

Série épitaphe: l'éclipse

À la sauce Villon, un groupe d'étudiants a été invitée à écrire leur épitaphe. La forme est libre, les sentiments aussi... chaque post fera paraître une sorte d´épitaphe ainsi:

Ballade des pendus
François Villon

Frères humains qui après nous vivez,

N'aiez les cuers contre nous endurcis ;
Car se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis.
Vous nous voiez cy atachez, cinq, sis ;
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Se vous clamons frères pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis
Par justice ; toutesfois vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens assis
Excusez-nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre,
Nous sommes mors : ame ne nous harie
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluye nous a buez et lavez
Et le soleil desséchez et noircis ;
Pieds, corbeaux nous ont les yeux cavez
Et arraché la barbe et les sourcilz ;
Jamais, nul temps, nous ne sommes rassis ;
Puis ça puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à coudre.
Ne soiez donc de nostre confrarie ;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

ENVOI
Prince Jésus, qui sur tous as maistrie,
Garde qu Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de moquerie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Et si on connaissait la version brésilienne de ce poème? Pour ce faire, on doit cliquer ici.

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