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11.8.11

Comme toujours, la corruption!

Car l'enfer, c'est les autres!

D'après Le Figaro:

Le gouvernement brésilien rattrapé par la corruption
La police procède à 35 arrestations après un coup de filet au ministère du Tourisme.

À trois ans de l'organisation de la Coupe du monde de football, pour laquelle le Brésil s'apprête à recevoir des centaines de milliers de visiteurs étrangers, la police brésilienne vient d'effectuer un coup de filet au ministère du Tourisme, avec l'arrestation de 35 personnes accusées de corruption. Déclenchée simultanément à Brasilia, Sao Paulo et dans l'État de l'Amapa, dans le nord du pays, l'opération, baptisée «Voucher», a notamment touché le numéro deux du ministère, Frederico Costa. La police croit que plus de 10 millions de reais (4,3 millions d'euros), destinés au secteur associatif pour la formation professionnelle, auraient été détournés. Convoqué au palais présidentiel du Planalto pour s'expliquer, le ministre du Tourisme, Pedro Novais, reste pour l'instant en place.

C'est le troisième ministère frappé par des accusations de corruption depuis le début du mandat de la présidente Dilma Rousseff, qui a succédé à Luiz Inacio Lula da Silva le 1er janvier. Le mois dernier, le titulaire du portefeuille des Transports, Alfredo Nascimento, avait dû démissionner, ainsi que 27 membres de son équipe, à la suite de plaintes pour détournements de fonds. Même scénario, la semaine dernière, pour un haut fonctionnaire du ministère de l'Agriculture. Le gouvernement avait déjà été ébranlé en juin par la chute d'Antonio Palocci, chef de la Maison civile - équivalent local de premier ministre -, accusé de manquement à l'éthique. Il avait multiplié par vingt son patrimoine entre 2006 et 2010 pour un travail de lobbying poursuivi alors même qu'il dirigeait la campagne de Dilma Rousseff.

Insolente croissance

Ces scandales à répétition jettent une lumière crue sur le système politique brésilien. Le mode de scrutin empêche qu'un parti s'impose pour former une majorité. Si Dilma Rousseff a été élue avec 56% des suffrages, sa formation, le Parti des travailleurs, compte à peine un cinquième des députés. En conséquence, le gouvernement est formé d'une myriade de partis, qui exigent tous leur quota de hauts fonctionnaires. Ces nominations sont aussi une façon pour les partis d'avoir la main sur des contrats juteux, en particulier dans les ministères liés aux infra­structures, et de financer ainsi des campagnes électorales, très coûteuses dans un pays grand comme seize fois la France.

Ces crises mettent à l'épreuve l'habileté politique de la présidente. Plusieurs partis membres de la coalition ont menacé de passer à l'opposition s'ils perdaient le contrôle de certains ministères. Mais Dilma Rousseff, qui, à la différence de son prédécesseur, sait trancher dans le vif en renvoyant les fonctionnaires corrompus, se ménage la sympathie d'une partie de la classe moyenne urbaine, lasse d'une corruption endémique et qui salue l'austérité de la chef d'État. Sa popularité reste au sommet grâce à une insolente croissance économique, qui devrait dépasser 4% cette année.

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